Autour du mythe d’Orphée et d’Eurydice

 

Littérature | Philosophie | Langues

 

Esther Philippe, 2002 | Lausanne, VD

 

Le mythe d’Orphée et d’Eurydice est un des plus importants de notre culture. Amour, mort et création s’y retrouvent. Ce travail de maturité, situé au confluent de la philologie, de la littérature et de la musique, cherche à l’explorer à partir de trois de ses manifestations les plus illustres: Virgile, Ovide puis Gluck. Ainsi, dans la première partie, je me penche sur deux sources antiques qui racontent le mythe, les textes des poètes Virgile et Ovide, tandis que la seconde partie de ce travail porte sur l’opéra Orphée et Eurydice de C. W. Gluck. Enfin, la troisième et dernière partie est consacrée à la comparaison des différentes versions du mythe que nous proposent les deux auteurs latins ainsi que le compositeur du XVIII ème siècle.

Problématique

Les deux premières parties, dans lesquelles je propose différentes traductions, m’ont permis de traiter ma première problématique: quels sont les enjeux et les difficultés que représente l’exercice de la traduction? La dernière, quant à elle, m’a permis d’explorer la seconde problématique de mon travail: comment chaque auteur a-t-il exploité le mythe et comment pourrait-on interpréter ces choix?

Méthodologie

Mon travail s’ouvre sur la présentation du mythe selon l’illustre poète latin Virgile. Après une brève introduction à l’auteur et à son œuvre, je propose également un plan et un résumé du récit du mythe que fait Virgile dans ses Géorgiques. Puis, je fais de même pour le second auteur latin -non moins illustre- qui raconte sa version du mythe dans ses Métamorphoses: Ovide. J’en viens ensuite aux «options de traductions» des textes des deux auteurs antiques, partie dans laquelle je réponds à ma première problématique dans le cadre de la traduction latin-français. J’y explique ma démarche de traduction, mais encore tous les enjeux et difficultés qu’ont représenté une telle entreprise. J’évoque ainsi des difficultés de l’ordre du vocabulaire, des choix de traductions ou encore de la fidélité au sens du texte original latin. Enfin, je propose ma traduction personnelle du mythe d’Orphée et d’Eurydice raconté par Virgile puis Ovide, ce qui constitue l’une des parties les plus créatives et expérimentales de mon travail.

Résultats

Dans la seconde partie de mon travail, je me penche sur le célèbre opéra de Gluck, Orphée et Eurydice. L’importance de cet opéra dans le paysage lyrique nécessite une présentation conséquente de l’œuvre. Après une brève biographie du compositeur, j’évoque la dimension historique de cette dernière. Cet opéra est né d’une collaboration entre le compositeur et son librettiste, Calzabigi, qui partageaient tous deux des idées novatrices sur l’opéra, qui prônaient notamment une simplicité, tant au niveau de l’action que du texte. Cet opéra est l’un des premiers opéras dits «réformateurs». Dans un second temps, j’explique qu’Orphée et Eurydice, joué pour la première fois à Paris en 1774, a en fait été précédé d’une version italienne, Orfeo ed Eurydice, en 1762. J’expose ensuite brièvement les arrangements dont la version parisienne a fait l’objet, tant au niveau de la tessiture des chanteurs que de l’adaptation du livret à la langue française par exemple, en fonction notamment du contexte et des exigences du milieu lyrique français. S’ensuit un résumé de l’intrigue de la version française.

Discussion

J’ai décidé, afin d’enrichir mon travail qui s’intéresse à l’art de la traduction notamment, de me livrer à l’exercice très ardu du thème. Je présente donc à nouveau mes options de traduction. J’y développe les difficultés et les enjeux qu’ont amené un tel exercice, comme par exemple les difficultés liées au vocabulaire, à la fidélité à la forme et au sens du livret, ou encore la difficulté de concilier une forme rimée et un «bon» latin. C’est enfin cette traduction des actes I et III qui suit ce chapitre.

Conclusions

Enfin, dans la troisième et dernière partie de ce travail, vous trouverez une comparaison des trois différentes versions du mythe d’Orphée que j’ai traduites. Tout d’abord, je confronte les deux versions antiques, étudiant ainsi les choix des deux auteurs tant au niveau de l’histoire, du texte et des aspects sur lesquels ils ont décidé de mettre l’accent. Puis, je confronte à leur tour les versions antiques à l’opéra de Gluck. Enfin j’étudie les différences et les ressemblances entre ces récits qui sont liées notamment à l’écart présent entre le contexte historico-social de l’époque de Virgile et d’Ovide, et celui de l’époque de Gluck.

 

 

Appréciation de l’expert

Matthieu Clément

La candidate a su proposer un regard neuf et passionnant sur un sujet mythologique bien connu. Les exercices de version et de thème, tous deux particulièrement ardus vu les textes abordés et qui pourraient former à eux seuls un travail de maturité, sont menés avec brio, et permettent même un développement critique sur l’art de la traduction et les particularités de la langue latine. A une maîtrise brillante de la langue et des textes s’ajoute aussi un regard analytique et comparatif, entre littérature et musique, qui dévoile d’une plume toujours élégante les richesses plurielles du mythe.

Mention:

excellent

Prix spécial des jeunes linguistes

 

 

 

Gymnase Auguste Piccard, Lausanne 6 Ouchy
Enseignante: Eléonore Stoll