Physique | Technique

 

Tanguy Classen, 2002 | Anières, GE

 

Le but du travail est de trouver une méthode qui permettrait d’associer réalisme et immersion du simulateur et serait accessible aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs. Mon travail devait se situer entre la catégorie 2 et 3 pour offrir le meilleur réalisme, et le prix ne devait pas dépasser celui des homecockpits bas de gamme (6’000 CHF à 10’000 CHF).

Problématique

Les méthodes pour construire un tel engin sont vastes et complexes: trouver des articles haut de gamme, en minimisant les coûts. Mais, plusieurs astuces se manifestent: le réalisme d’un simulateur est après tout l’aspect visuel et attirant de celui-ci; il doit être un attrape-œil et impressionnant (notamment avec des écrans et des couleurs métalliques se rapprochant au plus possible d’un réel cockpit). J’ai choisi le bois comme matière principale: peu cher, facilement utilisable et solide. Pour le reste des instruments, écrans, ordinateurs et électroniques, j’ai choisi d’utiliser des ressources de récupérations pour diminuer les dépenses. De plus, j’ai eu recours à une plateforme de crowdfunding pour acquérir les pièces les plus onéreuses. Et, finalement, des méthodes nouvelles, comme l’impression 3D ou la découpe laser seront employés pour réduire les coûts de productions. Maintenant, je vais débuter la construction du cockpit pour tenter de répondre à la problématique, tout en maintenant l’échelle de prix indiquée.

Méthodologie

Premièrement, il faut connaître les plans et les dimensions d’un Airbus et principalement ceux du cockpit J’ai décidé de construire le cockpit en bois comme matière principale. C’est à l’aide de mes connaissances actuelles en menuiserie que cela était possible. Ensuite quelques plus petits instruments et contrôleurs (manettes des gaz, Sidestick, leviers, etc.) ont été imprimés à l’aide d’une imprimante 3D. J’ai donc dû réaliser des pièces à l’échelle sur un logiciel de design 3D. Ensuite, plusieurs pièces en plastique ont été machinées à partir d’une machine CNC. Pour la partie Informatique, certaines pièces ont dû être commandées sur internet, une compagnie coréenne VRinsight m’a fourni ces pièces. Il s’agit des pièces pour le panneau overhead, du plancher pilote automatique et des ordinateurs de bord. Concernant les écrans et les moniteurs d’instruments, j’ai récupéré 5 écrans de seconde main que j’ai fixé sur la structure en bois MIP (Main Instrument Panel). Pour les sièges, j’ai récupéré de vieux sièges de voiture qui correspondaient au code couleur Airbus.

Résultats

Après avoir terminé la construction du cockpit, j’ai fait un bilan des dépenses. Le coût total du travail ne dépasse pas les 4’500 CHF, ce qui est très raisonnable pour un tel travail. En comparaison avec un simulateur réel, le coût de ceux-ci varie entre 500’000 CHF pouvant aller jusqu’à plusieurs millions de CHF. Des amateurs et des professionnels ont testé le cockpit; ils ont été unanimement bluffés par la qualité du réalisme et des sensations de vol.

Discussion

Le résultat est fonctionnel, efficace et imite les conditions réelles autant pour un amateur que pour un pilote. En effet, j’ai poursuivi l’expérience en invitant plusieurs personnes à visiter et à essayer mon cockpit; notamment un pilote qui dit avoir eu les mêmes sensations que dans un avion réel et que rares sont les simulateurs qui arrivent à produire ces sensations de vol. Je suis très content de mon travail qui est non seulement fonctionnel, mais impressionnant, réaliste et respecte la problématique.

Conclusions

En conclusion, je peux dire qu’il est possible de construire un simulateur à moins de CHF 6’000 en employant des méthodes économiques et des matériaux de récupération. Ce simulateur reste très réaliste et donne une excellente impression de vol; il peut simuler n’importe quelle situation et divers environnement.

 

 

Appréciation de l’expert

Ronald Luijten

Tanguy Classen a construit un simulateur Airbus dont la qualité se situe entre des plus simples simulateurs amateurs disponibles dans le commerce et les simulateurs professionnels. Le projet convainc par son exhaustivité et est pleinement fonctionnel. Les coûts ont constamment été réduits au minimum et le résultat donne aux pilotes une sensation de vol complète. Tanguy a ainsi atteint son objectif d’un simulateur de vol réaliste et peu coûteux.

Mention:

bien

 

 

 

Ecole Moser, Chêne-Bougeries
Enseignant: Vincent Giangiobbe