Décris le moment où tu as reçu le Prix spécial. Qu’as-tu ressenti?

J’étais naturellement surpris de gagner un tel prix, comment aurais-pu m’attendre à gagner un voyage en Inde ? Il m’a fallu quelques jours pour réaliser.

Comment as-tu préparé ton voyage?

J’ai préparé mon voyage en me focalisant sur ce que j’aime faire : lire des livres d’architecture. Pour l’occasion, j’ai aussi exploré l’histoire de l’Inde, la technique du pisé en architecture (une technique où l’on utilise de la terre crue) et enfin l’urbanisme de la ville de Bangalore.

Quelle est la première personne que tu as rencontrée pendant ton voyage ? Quel a été le premier échange de ton voyage?

La première personne que j’ai rencontrée est Liza, qui travaille pour Swissnex en Inde. C’est avec elle que j’ai organisé mon voyage. C’était un moment particulier ensuite de faire sa connaissance en vrai, ainsi que le reste de l’équipe de Swissnex. Nous avons partagé un repas qui fut dépaysant pour moi !



Quelle est la mission que tu souhaites accomplir pendant ton séjour ? Que vas-tu mettre en place pour y parvenir ?

Je suis depuis plusieurs années passionné d’architecture. Pour comprendre l’architecture d’un lieu, il faut comprendre son climat, son histoire et sa culture. Pour cela, j’ai accordé beaucoup d’importance aux préparatifs de mon voyage et je n’ai pas hésité à poser des questions sur place.

Qui sont tes «acolytes»?

Mon acolyte pour ce voyage était Georg Leuzinger, un architecte suisse établi à Bangalore depuis de nombreuses années. Il m’a fait découvrir la beauté de multiples sites aux alentours de Bangalore. Nous avons visité plusieurs temples, des plantations de café, l’école d’architecture de Mysore, la menuiserie avec laquelle il travaille ainsi que l’Indian Institute of Management construit par B.V. Doshi, premier architecte indien lauréat du prix Pritzker en 2018.



Qui est ton adversaire?

Il y avait deux types d’adversaires. Premièrement, certains animaux pouvaient potentiellement représenter un danger comme les moustiques porteurs de maladies, les chiens errants et les serpents venimeux. Deuxièmement, le principal danger venait de la route. Traverser la route devenait inévitablement une aventure et je me fixais une seule règle : ne jamais regarder derrière moi !

Décris le lieu où se déroule ton aventure. Est-ce ta première fois dans cette ville? Si oui, quelles sont tes impressions? 

C’était une grande première pour moi en Inde. Je décrirais l’Inde comme le pays du trop. Un trop qui n’est pas égal de négatif. Le trop dont je parle se traduit par une multitude de couleurs que l’on retrouve dans tout, par les klaxons incessants venant du flux continuel d’automobilistes, par la variété des saveurs que l’on retrouve dans nos assiettes et par les odeurs qui peuvent varier si rapidement de l’essence aux épices.

Pour ce qui est de la ville de Bangalore, elle me faisait parfois de la peine. Elle était asphyxiée par son trafic et voyager d’un point à un autre prenait généralement beaucoup de temps.



Est-ce que quelque chose d’imprévu s’est passé pendant ton voyage?

Lorsque j’étais à Mysore, je me suis coupé avec mon rasoir par inadvertance. N’ayant pas de désinfectant, par réflexe, j’ai passé ma main sous l’eau du robinet. Comme ce n’est pas la même eau qu’en Suisse, je me suis mis à paniquer un petit peu… Heureusement, j’ai pu désinfecter la plaie quelques minutes plus tard sans que j’aie eu plus de problèmes que ça.

Quand tu repenses à tes préparatifs, qu’aurais-tu aimé savoir plus tôt?

Je m’attendais à ce qu’il fasse beaucoup plus chaud qu’en Suisse, pourtant il ne faisait pas si chaud que ça, j’aurais bien pu prendre un ou deux pulls en plus.

Comment as-tu surmonté le défi d’un voyage aussi loin?

J’ai pris beaucoup de temps dans les préparatifs et j’ai minutieusement organisé mon voyage, mes visites et mes déplacements. J’ai conscience d’avoir eu de la chance que tout ce soit bien déroulé autant sur le plan des rencontres que sur celui de mon acclimatation. Je ne me suis pas senti stressé très souvent.

Qu’as-tu «gagné» ou appris de cette expérience?

J’ai fait la connaissance de nombreuses personnes. Chaque rencontre restera gravée dans ma mémoire. Ce que j’ai trouvé encourageant et inspirant c’était la détermination des gens que j’ai rencontré pour accomplir leurs objectifs. Je pense naturellement à Monsieur Leuzinger qui construit en bois dans un pays où tout semble fait pour dissuader d’utiliser ce genre de matériau et aussi aux professeurs de l’école d’architecture de Mysore.



La conversation la plus marquante de ton séjour?

J’ai pu rencontrer l’ingénieur qui a travaillé sur l’Indian Institute of Management. Cet ingénieur a pu me parler de B.V. Doshi. Selon lui, Doshi était une personne qui portait une attention particulière à tout le monde. Pour concevoir la meilleure architecture possible, il prenait le temps de discuter avec tous les gens concernés de près ou de loin par le projet : ouvriers, étudiants, directeurs, bibliothécaire … Pour mieux bâtir, il fallait d’une part comprendre les personnes qui allaient fabriquer le lieu et, d’autre part, les personnes qui allaient habiter le lieu.

As-tu rencontré un·e expert·e avec laquelle tu as échangé une conversation passionnante?

J’ai échangé au sujet de mon travail avec Anamd Krishnamurthy, directeur de l’école d’architecture de Mysore. Ce dernier m’a proposé que je le lui envoie pour la bibliothèque de l’école.